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Tout commence dans
les montagnes de l'hymalaya par le Dogue du Tibet, qui va se répartir
sous la forme du molosse chez les romains. A Rome, les chiens vont
combattre dans l'arène les fauves ou les gladiateurs et seront enrôlés
dans les armées pour aider les légions dans leurs conquêtes.

C'est ainsi que l'on voit le Général Fulius Germanicus conduire ses
hommes à travers la Suisse. Pour se nourrir ils ont avec eux deux types
de chiens de guerre, le premier est très puissant et ne sert qu'au
combat, le second est un molossoïde plus léger qui peut être utilisé
pour la garde du campement ou pour conduire les troupeaux qui servent à
nourrir les soldats. Au passage ils vont faire souche et donner le
Bouvier d'Entlebuch, celui d'Appenzell, le Grand Bouvier et le Bouvier
Bernois. Les Romains arrivent en Allemagne dans le Bad Wurtemberg où
ils vont créer une colonie très importante du nom d'Arae Flaviae (villa
rouge) qui se transformera tout naturellement en " Rottweil ".
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Dans l'Allemagne de l'époque il y avait déjà des chiens de type Dogue,
descendants des molosses introduits au Ve siècle par une peuplade de
conquérants venant des steppes de l'oural, les Alans. Ces Celtes
étaient appelés Alanus au moyen-âge si l'on en croit les textes : "
L'Alan gentil de la taille d'un Lévrier, l'Alan vautre qui tire sur le
Mastin, qui est bon à chasser aux ours et aux sangliers ; et Alan de
Boucherie qui sert à garder les maisons et à conduire les bœufs ".
C'est ce dernier qui donnera chez les Germains le Saucepacker (celui
qui attaque les truies) ou Bullenbeisser (celui qui mort les taureaux).
Il deviendra le Metzgerhund (chien de boucher) qui sert à conduire les
bovins en s'imposant aux plus récalcitrants, à retrouver les cochons à
demi-sauvages qui se nourrissent dans les bois, à chasser l'ours, le
loup ou le sanglier.

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On trouve également dans son pays d'origine des bergers de type lupoïde
en Thuringe ou dans le Wurtemberg qui donneront l'incontournable Berger
Allemand. Parmi les races étrangères qui viendront s'ajouter à ce
melting-pot canin il ne faut pas oublier les chiens des marchands de
bestiaux qui se retrouvent à ce très important marché qu'est la ville
de Rottweil. On peut citer le Berger de Beauce ou Bas-Rouge qui en 1762
est un compromis de plusieurs races bergères en France, ou les Bouviers
suisses, que l'on nomme du nom générique de " Sennenhund " qui signifie
chiens de paysans et de vachers.

Les bergers et les éleveurs de bovins se rencontrent à Rottweil et
comparent les qualités respectives de leurs chiens, n'hésitant pas à
accoupler les meilleurs sujets entre eux.
Le Bouvier (Treiber) doit être rustique, obéissant, courageux, actif,
intelligent. Les chiots sont sélectionnés de manière empirique, souvent
sur des critères esthétiques comme la répartition des couleurs (du
moment qu'ils ressemblent aux parents, c'est qu'ils doivent être aussi
bon qu'eux) ceux qui n'y répondent pas sont tués sans pitié car à
l'époque le chien n'a pas de valeur marchande.

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A Rottweil l'orientation se fait vers un chien de taille moyenne,
puissant sans être lourd, avec un mental d'acier pour s'imposer aux
bovins les plus vindicatifs. Les chiens de la région ont une excellente
réputation et avoir un chien de Rottweil c'est l'assurance de posséder
un instrument de travail fiable, mais également un gardien redoutable.
On dit par exemple que les marchands qui revenaient du marché
attachaient au cou de leur chien le produit de la vente dans une bourse
de cuir et malheur au malandrin qui aurait cherché à leur dérober.
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Vers 1860 la route devient interdite pour le transport à pied des
bestiaux, ils doivent emprunter le chemin de fer, ce qui met les chiens
au chômage.
Quelques uns d'entre eux sont destinés à garder les propriétés,
d'autres deviennent chiens de patrouille pour la police. Avec le début
de la cynophilie, une sélection est mise en place par des d'éleveurs
passionnés.
C'est en 1892 à Heibronn lors d'une exposition canine que sera présenté
le premiers sujet sous le nom de " Rottweiler ". La race a du mal à se
fixer, elle trouve peu d'amateurs et est très mal connue en dehors de
la région, c'est alors qu'une opportunité se présente. Nous sommes à
l'exposition d'Heidelberg en 1905, organisée par le Club des Amis des
chiens, le Président de cette manifestation cherche une race originale
qui pourra plaire au Président d'honneur, il évite les races étrangères
comme l'Airedale, ou les races déjà connues comme le Berger Allemand
et, jette son dévolu sur un Rottweiler nommé Stumper appartenant à un
éleveur de Teckel, Albert Graf. Ce fut un succès répercuté par les
médias et par les amateurs.
A partir de cet instant débute la reconnaissance véritable de la race.
Le 13 Janvier 1907 c'est d'ailleurs le Président de cette exposition
Karl Knauf qui deviendra le responsable du premier Club de race
officiel, le Deutscher Rottweiler Klub qui enregistrera dans son livre
le premier étalon nommé Russ vom Bruckenbuckel, un fils de Stumper.
Il faut dire que la race avait eut un standard élaboré en 1893 par
Albert Kull, artiste peintre de son état qui fut publié en 1901, et que
ce passionné avait lui-même créé en 1899 une association avec les
amateurs de Leonbergs sous le nom d'Internationalen Klub für Leonberger
und Rottweiler hund. En Avril 1907 un nouveau club né, c'est le Suden
Deutsch Rottweiler Klub qui devint en juin 1913, l'international
Rottweil Klub.

Dès 1910 l'accent est mis sur les aptitudes du Rottweiler comme chien
de service et les amateurs organisent des démonstrations qui
sensibilisent les administrations, c'est le moment où le Rott sera
vraiment intégré dans les services de police de plusieurs grandes
villes comme Hambourg ou Francfort. Avec la guerre, il sera employé sur
le front comme chien de liaison, chien de garde et de patrouille ou
chien sanitaire, des rôles dont il se tire très bien et qui vont
renforcer son image de chien d'utilité. A la fin du conflit les
éleveurs tentent de reconstituer le cheptel et il faut attendre le 3
juillet 1921 pour que les animosités s'apaisent et que les deux clubs,
le DRK dirigé par O. Hell et l'IRK présidé par E. Stiefel, se
réunissent pour tenter de trouver un compromis.
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C'est le 14 Août 1921 qu'ils acceptent de se regrouper au sein d'une
même fédération, l'Allgemeinen Deutschen Rottweiler Klub ou ADRK, qui
subsiste encore aujourd'hui. Le mot d'ordre est toujours le même "
l'utilité avant tout " et en 1924, c'est la mise en place des premières
épreuves de travail, très proches du Schutzhund actuel, afin de
sélectionner les meilleurs reproducteurs. L'année suivante on pouvait
compter dans le livre des origines ( zuchtbuch) environ 13600 sujets
inscrits.
La seconde Guerre Mondiale va sérieusement entamer l'élevage car le
Rott est réquisitionné pour servir dans tous les postes et souvent aux
premières lignes. A la fin des hostilités la sélection est reprise avec
sérieux et selon des règles draconiennes qui ne se sont jamais
démenties, tant du point de vue morphologique pour respecter la
conformité au standard, que du point de vue du caractère qui doit
demeurer ferme mais équilibré.
En 1960 le nombre de sujets inscrits depuis la création du livre des origines atteint 40.000.

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En 1968 le contrôle de la dysplasie de la hanche est instauré et, en
1969, est créée l'Internationale Föderation für Rottweiler Freunde afin
d'uniformiser la sélection dans tous les pays. En 1984 la revue " Des
Rottweiler " éditée par le Club de race est expédiées à tous les
membres de l'ADRK, dans toutes les parties du monde.
En 1990 le test de sociabilité (BH) est rendu obligatoire pour tous les
reproducteurs, ce qui permet au Club de race d'éviter une première fois
que le Rott soit inscrit sur la liste des chiens " dits dangereux ". En
1998 la loi qui interdit la coupe de queue va porter préjudice à la
vente de chiots dans le pays, les amateurs ne retrouvent plus l'image
de leur Rott.
En 1999 le Club instaure le contrôle de la dysplasie du coude (ED).
En 2000, le nombre de sujets inscrits au livre des origines dépasse les
104.000. Dans son pays il est classé dans plusieurs régions sur la
liste rouge des chiens " dits dangereux " malgré les efforts du Club de
race pour le défendre.
Il faut compter pour l'ADRK plus de 10.000 adhérents répartis dans plus de 50 pays avec un siège social situé à Minden.
Dans son pays il demeure le molosse national le plus apprécié, avec
derrière lui, dans l'ordre de préférence : Le Boxer, le Dogue Allemand
et le Dobermann.
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